2012 : si ce n’est pas la fin du monde, c’est bien la fin d’un monde…

Le 21 décembre 2012 fut un pur moment de folie collective, Internet étant un formidable accélérateur de particules informatives (souvent) ou désinformatives (parfois) !

Du petit village audois de Bugarach au calendrier Maya, l’Homme a démontré qu’il savait cultiver à la fois l’autodérision et la gestion sociétale des peurs collectives avec une petite touche de ridicule qui sied tant à notre société aujourd’hui.

Vous me direz par conséquent que nous avons évité l’apocalypse et que nos fêtes de fin d’année n’en ont été que plus agréables.

Cela est possible mais il n’en demeure pas moins que si c’est la fin du monde s’est éloignée pour quelques siècles, 2012 est bien l’année de la fin d’un monde pour les « vieilles » puissances industrielles dont la France.

Car 2012 est bien un point d’inflexion majeur pour notre pays. L’entrée dans le 21ième siècle avait déjà fragmenté le monde occidental (éclatement de la bulle technologique, attentat du World Trade Center, passage à l’Euro..) mais 2012 démontre avec force que notre modèle économique, industriel, social et politique est dépassé par les brutalités des changements géopolitico-économiques qui s’opèrent sous nos yeux depuis plus de dix ans.

2012 restera la dernière année aussi au cours de laquelle la France aura encore eu l’impression d’être le seul pays à pouvoir s’astreindre à des réformes profondes, structurelles et durables.

L’économie nécessite parfois le dépassement des clivages politiques nationaux. J’ai la faiblesse de penser que nous devrions être dans une telle configuration. Les élections de 2012 auraient pu être justement l’occasion d’un formidable débat, d’une grande remise à plat. Hélas, il n’en fut rien : l’entreprise, la formation et l’enseignement supérieur furent les grands oubliés de la campagne…

Les chemins, pour continuer à être incontournables demain, sont connus de chacun : réduction de la dépense publique, plus grande flexibilité du droit du travail, fiscalité cohérente et stable, renouveau de notre politique industrielle, adaptabilité et modularité de la formation supérieure. Et au-delà de tous ces sujets, que notre pays encourage la culture entrepreneuriale et qu’elle l’intègre aussi dans la sphère administrative.

L’ère du surendettement s’est (provisoirement ?) refermée en 2008 avec la crise des subprimes. Depuis, les ménages français ont hissé à un niveau exceptionnel élevé leur taux d’épargne (16,2% soit le plus haut niveau depuis environ 30 ans), les entreprises se désendettent quand elles en ont la capacité ! Seul l’Etat français n’a pas amorcé un tel changement de trajectoire et continue à vivre largement au-dessus de ses moyens (de nos moyens !)

2013 sera certainement une année charnière pour la France. Elle sera sans doute économiquement difficile et socialement délicate avec un taux de chômage qui devrait encore progresser.

Mais 2013 doit être l’occasion de réformer en profondeur notre pays en alliant courage et audace, volonté et pragmatisme.

Il faut désormais aller très vite car 2012 est bien la fin d’un monde pour la France, un monde où en plagiant A. Greenspan (l’ancien patron de la FED parti un an avant la crise des subprimes..) on considérait que le problème de notre dette publique revenait à celui qui l’achetait…..et jamais à celui qui l’émettait !

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1 Commentaire

  1. de FRANCIOSI

    Je suis totalement en phase avec Daniel KERYOTIS. J'ai moi même passe 11 ans dans le groupe CE que j'ai quitté ne croyant plus à la stratégie de développement appliquée sur l Outre mer et à l international. Je suis toujours en activité sur la zone Antiiles Guyane et je rencontre tous les jours des chefs d'entreprise qui se battent – ils méritent le respect (pour la majorité d'entre eux) contrairement aux hommes politiques.
    J ai eu l'occasion de vous croiser à deux reprises et j espère pouvoir échanger un jour avec vous. Vos idées, votre efficacité et votre simplicité vous honorent

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