2015 : et si nous décidions de redevenir optimistes ?!

Parler d’optimisme après l’horreur et les drames qui se sont produits entre le 7 et le 9 janvier peut paraître décalé et même indécent, mais je vais quand même vous livrer le sentiment qui était le mien jusqu’au 6 janvier au soir, et que j’essaie (avec difficulté) de retrouver aujourd’hui…

Fin 2014 et durant les premiers jours de 2015, j’ai ressenti une vague de bouffée d’optimisme que je n’avais pas connue depuis 2011. Et ce n’était pas la conséquence de la brume euphorisante qui accompagne traditionnellement les fêtes de fin d’année. C’était le fruit de 3 éléments réunis, formant un alignement de planètes susceptible de booster la croissance dans la zone européenne et en France : la baisse de l’euro, la chute du prix du baril de pétrole et le niveau des taux d’intérêt.

La baisse de l’euro

C’était l’un des objectifs recherchés par Mario Draghi : la baisse des taux directeurs de la BCE devait entraîner ipso facto une dépréciation de l’euro par rapport au dollar. C’est exactement ce qui s’est passé depuis septembre 2014, et aujourd’hui la parité euro-dollar est proche des 1,10. Rappelons que cette parité était de 1,60 en 2008, et maintenant certains n’excluent pas que l’euro casse le « 1 dollar »… Si les américains le souhaitent évidemment, car tant que la croissance américaine sera soutenue et supérieure à 3%, ils accepteront sans sourciller un glissement de l’euro !

La chute du prix du baril de pétrole

Cette baisse est totalement inattendue et brutale. Que les prix du pétrole s’ajustent pour s’adapter à la baisse de la demande, nous pouvons le comprendre, mais que le brent se retrouve autour de 50 dollars alors qu’il était à plus de 110 dollars il y a un an est inexplicable. Baisse de la demande et multiplicité des producteurs certes… déséquilibre de marché avec la montée croissante du gaz de schiste peut-être…
Mais l’ampleur de la baisse et sa rapidité laissent supposer que ces mouvements sont autant la conséquence des tensions géopolitiques autour de la Russie, qu’un ajustement brutal du marché !

Enfin, l’arsenal déployé par la BCE et Mario Draghi depuis plusieurs mois

De la baisse drastique des taux directeurs aux mesures de Quantitative Easing annoncées le 22 janvier, ce dispositif a conforté les marchés financiers sur le fait que la BCE était désormais un rempart suffisamment solide pour soutenir l’économie européenne, et capable d’affronter des crises financières majeures. En fait, la BCE est devenue, au fil des mois et sous la conduite magistrale de Mario Draghi, la « FED Européenne » et cela n’est pas un mince compliment !

Alors oui, pour toutes ces raisons, pourquoi ne pas décider de redevenir optimiste cette année ?

Car, finalement, tout semble réuni pour que la France retrouve enfin le chemin de la croissance : la baisse de l’euro conjuguée à celle du pétrole devrait nous permettre d’envisager une croissance supérieure à 1% cette année.

Bien sûr, un niveau de croissance de 1% ou 1,5% ne permettrait pas de baisser notre niveau de chômage, mais ne boudons pas toutefois notre plaisir, et soyons plus optimistes et convaincus que notre pays va amorcer son redressement, lent peut-être, mais réel.

Et à ceux qui vous convaincraient du contraire, apôtres du déclin inexorable de notre pays, dites-leur que l’optimisme de la volonté est toujours plus fort que le pessimisme de l’intelligence !

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1 Commentaire

  1. M

    Merci pour cet optimisme. Esperons toutefois que la victoire de Syriza ne vienne déstabiliser la zone euro une nouvelle fois. Esperons également que les réformes structurelles que doit mener la France demeurent à l'agenda du gouvernement, car l'aubaine que représente la baisse des prix du pétrole ne doit pas masquer la nécessité de réformes structurelles. Esperons enfin que la réglementation bancaire ne se durcissent plus, voir s'assouplisse, de manière à permettre aux banquiers de financer les PME. La relance passe aussi par là.

    Merci pour votre blog.

    Reply

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