L’incroyable vie de Monsieur Paul Bocuse

Parfois certains hommes ont des parcours hors norme car rien de ce qu’ils ont fait ou réalisé n’est commun ou ordinaire. Quelques semaines après le départ de Johnny Hallyday, la disparition de Paul Bocuse marque encore notre pays tant son histoire personnelle, son parcours, son incroyable notoriété internationale faisaient partie de notre patrimoine.

 

Issu d’une longue lignée de cuisiniers, fils unique, il fit ses gammes chez Eugénie Brazier, grande figure de la gastronomie lyonnaise, avant d’être formé pendant près de 8 années par Fernand Point qu’il considérait comme son mentor. Il retourna en 1956 à Collonges sur ses terres où la saga Bocuse commença avec l’obtention de sa première étoile dès 1958. Très vite, en 1965, il obtint sa troisième étoile qu’il conserva jusqu’à aujourd’hui ! Un record de longévité dans la bible de la gastronomie.

 

Que dire sur cet homme semblable à nul autre ? Meilleur ouvrier de France en 1961, distingué cuisinier du siècle en 1987 par Gault et Millau. Reconnu par ses pairs, honoré par les américains et même Disney, pionnier d’une ouverture à l’international au Japon ou aux États Unis, cet homme n’a jamais rien fait comme les autres et a ouvert la route à tous nos chefs étoilés d’aujourd’hui !

 

Amoureux de la bonne chère et de la vie, cet homme est aussi celui qui s’est engagé dans l’Armée Française de Libération ce qui lui a valu d’être décoré de La Croix de Guerre ! Homme de caractère, il fut de ces personnages qui incarnent la France dans tout ce qu’elle a de meilleur et de « vrai » … C’est un personnage de roman, il a d’ailleurs accueilli dans ses cuisines Rémy, le rat de Ratatouille, petit chef d’œuvre de Pixar.

 

Son nom devient un mot commun, associé à une cuisine de goût et de tradition servie aux plus grands de ce monde mais aussi au partage, et les Bocuse d’Or en sont une belle incarnation, tout comme Les Halles Paul Bocuse.

 

Sans le connaître, cet homme nous était intime car issu de nos campagnes et de nos champs. Il respirait une France que beaucoup ne connaissent plus et il mettait nos terroirs à l’honneur.

 

Que la ville de Lyon lui rende un hommage exceptionnel est légitime car cet homme l’était tant par ses immenses qualités que l’originalité de ses choix et de son parcours. Il était normal sans l’être tout à fait et proche de nous tout en étant dans une autre dimension.

 

Personnellement, sous un jour de pluie et de froid, j’ai été touché par l’émotion des anonymes et des toques blanches qui attendaient stoïques le passage de son cercueil devant la cathédrale Saint Jean. Et l’eau qui ruisselait sur les joues de ceux qui portaient son cercueil n’était pas une eau de pluie. Merci pour tout Monsieur Paul.

 

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