PSG : les enjeux financiers du foot en 2018

L’élimination du PSG par le Real Madrid a ravivé les aigreurs de ceux qui se déchaînent contre le club parisien version qatari.

 

Dans le concert des critiques régulièrement évoquées, attardons-nous sur la survalorisation des joueurs ou le pseudo échec parisien en Ligue des Champions.

 

Concernant la valorisation des joueurs, l’affiche PSG-Real Madrid était à cet égard éclairante car certains médias disaient qu’il y avait un milliard sur le terrain. Pourquoi un milliard alors que deux milliards semblaient plus appropriés ? Quand Neymar a coûté à lui seul 220 M€ et Mbappé environ 180 M€ soit 400 M€ à eux deux. Et que Ronaldo vaut bien entre 200 et 300 M€ et que Verratti, Rabiot, Modrić ou Isco ont une valeur comprise entre 80 et 100 M€ chacun si on s’aligne sur les derniers transferts opérés au Royaume-Uni !

 

On entend souvent sur ce sujet que le PSG est responsable de l’inflation de la valorisation des joueurs mais c’est méconnaître l’histoire du football européen sur les quinze dernières années qui a connu trois moments charnières : l’épopée des galactiques du Real Madrid des années 2000-2006, l’explosion des droits TV de la première League anglaise en 2015 et l’arrivée dans le capital des grands clubs européens d’investisseurs russes, arabes et plus récemment chinois.

 

Florentino Perez, président du Real de 2000 à 2006 et de 2009 à aujourd’hui, fut celui qui créa les galactiques de Ronaldo, Zidane, Figo, Raul ou encore Beckham qui remportèrent notamment la Ligue des Champions en 2000 et 2002. Pour constituer cette équipe de rêve, Florentino Perez s’affranchit de toutes les règles financières en vigueur et les transferts atteignirent des sommes vertigineuses à l’époque. Une première digue venait de s’effondrer.

 

La deuxième digue s’est rompue en février 2015 : l’explosion des droits TV de la première League en Angleterre augmentant cette année-là de 70 % pour atteindre la somme hallucinante de 6,9 milliards de livres. Les droits TV anglais ont à nouveau rebattu les cartes de la valorisation des clubs et des joueurs car nous savons qu’une liquidité abondante se traduit souvent par la survalorisation d’un actif. Et à cet égard, l’exemple de Neymar n’est pas plus spectaculaire que les 84 M€ payés par Liverpool pour engager le défenseur néerlandais Van Dijk.

 

Enfin, le dernier fait majeur enregistré depuis une quinzaine d’années concerne les investissements massifs des étrangers dans les clubs de foot européens, le PSG n’étant pas une exception.

 

Que ces investisseurs soient russes (Chelsea, Monaco…), arabes (Manchester City, le PSG), chinois (Inter Milan, Milan AC, l’Olympique Lyonnais…) ou même thaïlandais (Leicester), ils ont déversé des centaines de millions pour acquérir ces clubs et cela a entrainé aussi une inflation des salaires.

 

Si le PSG n’est donc pas une exception financière, il est difficile aussi d’être intransigeant avec ses parcours en Ligue des Champions car une victoire dans cette compétition ne se programme pas et les Qataris doivent le comprendre. Chelsea et Abramovitch son propriétaire ont attendu 10 ans avant de la gagner en 2013 et Manchester City a dépensé 1,4 milliards de livres ces dernières années pour acheter de grands joueurs et un grand entraîneur (Pep Guardiola) sans victoire à ce jour dans cette compétition. Et la dernière victoire de la grande Juventus de Turin remonte à 1996 !

 

Pour toutes ces raisons, si les moyens financiers du PSG peuvent choquer en France, ils ne constituent pas une exception en Europe car le club parisien ne fait que s’aligner sur les meilleurs clubs européens. Et nul doute qu’avec un peu de patience, d’indulgence et de chance aussi… le PSG finira par remporter celle qu’on surnomme la « Coupe aux grandes oreilles ».

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