Bank bashing : entre démagogie et inculture

Je suis toujours partagé pour analyser un tel comportement et une telle attitude. Est-ce de la démagogie pure et simple ou est-ce aussi lié à une forme d’inculture économique et financière de nos dirigeants ? Car c’est un fait incontesté que l’enseignement de l’économie et de la finance n’est pas très développé en France contrairement à l’Allemagne par exemple.

 

 

Ainsi, parmi les idées souvent entendues vous avez, dans l’ordre : les banques gagnent trop d’argent, le système bancaire est toujours aussi fragile, la BCE fait des cadeaux aux banques, les banques ne prêtent pas suffisamment….

 

 

Les profits des banques françaises seront en effet plutôt bons en 2016 d’autant que des éléments exceptionnels bonifieront les comptes 2016 et notamment la plus-value très importante réalisée sur la cession des titres Visa (plus de 2 milliards de plus-value au total pour les banques françaises). Ces résultats sont-ils pour autant exceptionnels ? Non quand on regarde la trajectoire des résultats sur 4 ans. Ainsi BNPP dégageait environ 6,6 Mds€ de bénéfice net en….2012 soit un niveau équivalent à celui estimé pour 2016 ! Par ailleurs depuis 2010, les banques françaises ont augmenté de plus de 50% leurs fonds propres. Par conséquent si les résultats sont stables et les fonds propres augmentent fortement, la rentabilité des banques (mesuré par le ratio résultat/fonds propres) s’est sensiblement détériorée ces dernières années….pour s’établir autour de 8% en moyenne !

 

Par ailleurs, la fragilité du système bancaire est souvent évoquée sans que des éléments tangibles étayent ceux qui défendent cette thèse. Oui le système bancaire italien est toujours fragile avec le sauvetage de Monte Paschi et la restructuration violente d’Unicrédit. Oui certaines banques allemandes sont aussi très vulnérables dont la première d’entre elles : Deutsche Bank. Mais ne peut-on se réjouir en parallèle de la bonne santé des banques françaises, même s’il faut toujours garder une certaine prudence. Dire qu’un secteur d’activité est solide et résilient devrait pourtant réjouir tous nos dirigeants.

 

Enfin, les cadeaux de la BCE reviennent parfois en boucle et quels sont-ils en réalité ? Oui les banques européennes peuvent se refinancer à des conditions très favorables auprès de la BCE depuis 2015. Mais devant respecter des ratios de liquidités à court terme imposés par les régulateurs, les banques placent leurs dépôts auprès de la BCE aux mêmes conditions financières. C’est donc un jeu à somme nulle pour les banques françaises qui sont sur liquides aujourd’hui car devant respecter des réserves de liquidités.

 

Enfin, le rôle de préteur des banques françaises n’est plus à démontrer depuis longtemps la France étant le pays où le financement bancaire est le plus développé au monde ! Dans d’autres pays (États Unis, Royaume Uni..), les entreprises se financent directement sur les marchés.

 

 

En conclusion, défendre les banques françaises et leurs emplois en France aurait plus de sens et de pertinence que de les critiquer. Depuis 2008, près de 600 000 emplois ont été supprimés dans les banques dans tous les pays du monde et le rythme ne va pas se ralentir. Ainsi en 2007 les effectifs d’Unicrédit étaient de 160 000 salariés. En 2019 après le nouveau plan de réduction annoncé par son dirigeant, il en restera ..87 000 ! En France, 10 000 emplois bancaires auraient été supprimés en 2016 et les perspectives 2017 ne sont guère encourageantes. Les banques ne sont pas irréprochables mais nos collaborateurs essaient chaque jour de faire leur métier avec professionnalisme et abnégation. Le reconnaître parfois ne serait ni une torture ni une injustice.

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