« Charlie est mon 2e prénom, je suis policier, français, et juif »

J’avais prévu de sortir, cette semaine, un billet sur les raisons que nous avions de redevenir un peu optimistes en France et soudain le sol s’est dérobé sous mes pieds.

Charb, Cabu, Tignous, Wolinski, Honoré, Oncle Bernard, Mustapha, Elsa, Franck, Michel, Frédéric, Ahmed, Clarissa, Yoav, Yohan, Philippe, François-Michel

Comment, sur un blog personnel, ne pas évoquer cette immense onde de choc qui a irradié notre pays les 7 et 8 janvier 2015 ? Impossible pour moi de taire mon horreur, mon incompréhension, mon émotion et ma colère.

Que la France soit frappée en plein cœur, comme le furent les Etats-Unis en 2001, est un traumatisme pour chacun d’entre nous, et ces actes ont touché durement un pays déjà en souffrance.

Exécuter des journalistes et des dessinateurs, assassiner des français dont le seul tort était de se trouver dans une épicerie casher, abattre froidement 3 policiers sont des événements qui dépassent les limites de ma raison et de mon entendement.

Le sang a éclaboussé 3 symboles puissants de notre République : la liberté d’expression, l’autorité publique et la diversité culturelle et religieuse.

Les 7 et 8 janvier ne doivent pas seulement rester dans notre mémoire collective ; ces jours sombres doivent aussi être le catalyseur d’une révolte intérieure. Chacun d’entre nous a le pouvoir de dire non à ceux et celles qui veulent le chaos et la terreur.

Puissions-nous maintenant reconstruire notre pays et notre identité, et que le peuple français soit l’architecte de cette reconstruction. Notre pays doit démontrer, plus que jamais, que nous sommes – encore et durablement – une grande puissance et assumer que notre identité et notre culture sont le seul ciment possible entre les générations. En France, chacun d’entre nous est pluriel et porteur de diversité ethnique, culturelle, religieuse ou politique.

Dimanche 11 janvier, nous étions plus de 4 millions de français dans les rues (et bien davantage par la pensée !) en province et à Paris. Mouvement spontané engagé dès mercredi soir et qui s’est amplifié ce dimanche. A Toulouse, pour bien signifier que cette marche silencieuse appartenait à la population, les politiques ont été invités à rejoindre la queue du cortège ! Que 30% de la population de Perpignan ou de Lyon soit descendue dans la rue, ou que 2 millions de parisiens aient envahi Bastille, République et Nation : cela démontre que chacun a compris que ces assassinats étaient la preuve tangible que notre pays était engagé dans une guerre qu’il n’avait ni souhaitée ni anticipée.

Cette guerre contre toutes les formes d’ «intégrisme, de refus de l’autre et de la différence », une guerre pour défendre notre identité et les valeurs qui ont construit notre pays au fil des siècles.

Mais d’une immense tristesse naît parfois un infime bonheur. Ce dimanche 11 janvier, la France est redevenue, par la grâce d’un élan populaire exceptionnel, le pays des droits de l’Homme et des Lumières, la terre des impressionnistes, de Victor Hugo ou de Voltaire.

Oui, aujourd’hui, je suis Charlie, français de cœur, de sang et d’esprit et je n’ai pas peur !

Je vous passe maintenant le crayon de Cabu, la gomme de Tignous, le feutre de Wolinski et la plume de Charb pour que vous écriviez ou dessiniez à votre tour…

 

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