Connaissiez-vous Kopa ?

Connaissiez-vous Raymond Kopa ?

 

Impossible pour moi de ne pas évoquer la disparition de Raymond Kopa tant ce footballeur symbolise le grand Stade de Reims des années 50-60 et me rappelle ma jeunesse car mon père était un supporter fidèle, inconditionnel et nostalgique des « rouge et blanc ».

 

L’histoire de Kopa est celle d’un autre temps, d’une autre époque et elle mériterait un jour d’être portée à l’écran. Car Raymond Kopaszewski est né dans une famille de mineurs, venue de Pologne en 1919 pour s’installer dans le Pas de Calais à Noeux-les-Mines qui fut une terre de football et dont l’un de ses entraineurs les plus célèbres fut…Gérard Houiller lui-même originaire de cette terre de football.

 

Destin incroyable car même s’il ne vivait que pour le football, il fut obligé de travailler à 14 ans à la mine ce qu’il fit pendant plus de deux avant qu’un accident de travail lui brise le pouce et l’index. Difficile à imaginer aujourd’hui  à l’heure où les jeunes sont choyés par les centres de formation et où les grands clubs rencontrent tous les jours des parents pour les convaincre financièrement que leurs gamins de 10 ans ont un talent exceptionnel.

 

Ensuite, tout alla très vite pour Kopa : Angers d’abord, le Stade Reims et le Real de Madrid.

 

Il perdit une finale de Coupe d’Europe avec Reims contre le Real et gagna ensuite plus tard une autre finale avec le Real contre Reims ! Plus qu’une histoire ; une épopée !

 

Il fut ainsi le premier grand footballeur français à quitter la France pour un grand club européen et il fut le précurseur des Platini ou Zidane ou même Papin et il leur ouvrit très tôt la porte des ballons d’or car Kopa fut le premier footballeur français à remporter cette distinction en 1958.

 

Il fut aussi l’un des premiers « grand-petit » footballeur car il mesurait 1m69 (soit la même taille que Messi aujourd’hui) avant que n’apparaisse Maradona et ses 1m65.

 

Il fut aussi un sportif business-man reconverti dans les affaires avec sa propre marque et sa trajectoire n’est pas sans rappeler celle d’un Jean Claude Killy qui avait 15 ans en 1958  quand  Kopa et ses compagnons de route (Fontaine, Piantoni…) terminèrent 3ème de la Coupe du Monde en jouant un football de rêve.

 

Pour toutes ces raisons, et bien d’autres, Kopa fut un galactique avant l’heure et l’hommage que lui a rendu le Réal Madrid en est la meilleure des illustrations. Et pourtant quand il rejoignit le club madrilène, ce n’était pas lui la star du club mais un certain Alfredo Di Stefano, ombrageux argentin, qui faisait régner la terreur dans les vestiaires.

 

Et à l’heure aussi où les footballeurs n’ont « d’égal que leur égo », il est étonnant de relire les propos de Kopa qui disait que les meilleurs joueurs de son époque étaient Puskas et Di Stefano. Il ne se citait jamais.

 

Respect, humilité, courage, simplicité, sens du collectif… : ce sont des qualités rares aujourd’hui chez des sportifs de haut niveau élevés à la potion de individualisme et des médias. Raymond Kopa était porteur de toutes ces qualités et sa disparition est un moment particulier pour tous les amoureux du ballon rond. Car on espère souvent au plus profond de nous-même que ces grands champions soient immortels. Et de fait, ils le sont dans nos mémoires.

 

 

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