Coupe du Monde : NON… « l’Allemagne n’a pas toujours gagné » !

Depuis la victoire finale de l’équipe d’Allemagne de football sur l’équipe d’Argentine, nous avons entendu ce refrain lancinant et exaspérant : « à la fin c’est toujours l’Allemagne qui gagne ».

Petit rappel historique

C’est en fait Gary Lineker, célèbre joueur anglais, qui avait déclaré après une cruelle défaite de l’Angleterre contre l’Allemagne en demi-finale de la Coupe du Monde 1990 : « le football est un sport qui se joue à 11 contre 11 mais à la fin c’est toujours l’Allemagne qui gagne ». Il est vrai qu’à l’époque, l’Allemagne remportait sa 3e Coupe du Monde.

Mais ensuite, la Mannschaft a toujours échoué malgré une présence régulière parmi les 8 meilleures équipes mondiales. Avant de triompher le 13 juillet 2014, l’équipe allemande a donc aussi appris à perdre…

Une victoire historique pour le peuple allemand

C’est d’abord la première victoire de l’Allemagne depuis la réunification. En 1990, c’est encore l’Allemagne de l’Ouest qui a remporté la victoire contre l’Argentine ! Et la liesse populaire célébrant le 13 juillet dernier, ce nouveau titre Porte de Brandebourg en a été le meilleur symbole.

Ensuite, ce nouveau sacre est la première victoire d’une génération sevrée de triomphes pendant près de 25 ans. On comprend mieux la ferveur des jeunes allemands qui ne se reconnaissent pas forcément dans les anciens joueurs présents en 1990 (Matthaus, Brehme..) ou dans leur entraîneur de l’époque : un certain Franz Beckenbauer…

Enfin, ce 4e titre de champion du monde est aussi celui d’un choix audacieux opéré au début des années 2000 : miser sur la formation et les jeunes grâce à des sélectionneurs de talent tels Jurgen Klinsmann ou Joachim Lowe, qui fut son adjoint avant de prendre les rênes de la Mannschaft en 2004.

Le résultat d’un mouvement global

N’oublions pas qu’au début des années 2000, le football allemand était dans le même état que leur économie : vieillissant, sans imagination et créativité, conformiste et replié sur lui-même !

Sous l’impulsion d’un Gerhard Schröder courageux, l’Allemagne économique, sociale et sportive s’est réformée au même moment. Car en 2003, l’Allemagne était considérée comme « le pays malade de l’Europe ». Et Gerhard Schröder fit passer plusieurs lois pour réformer notamment le droit du travail, surnommées les « Loi Hartz » dont l’instigateur était le DRH de Volskwagen, Peter Hartz (imagine-t-on en France, une loi portant le nom du DRH d’une grande entreprise !).

Par conséquent, que l’Allemagne soit championne du monde de football en 2014 n’est pas une grande surprise, car c’est l’avènement d’une génération talentueuse et décomplexée. Que l’Allemagne soit aussi aujourd’hui l’économie la plus puissante en Europe n’est pas le fruit du hasard, mais l’aboutissement de nombreuses années de réformes et, d’une passion pour le monde de l’entreprise qui ne s’est jamais altérée malgré les crises économiques et sociales profondes qu’a connu ce pays.

Espérons qu’en 2016, à un an de nos élections présidentielles, nous puissions faire une analyse similaire de la France qui accueillera au même moment, le Championnat d’Europe de football…

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1 Commentaire

  1. Tarek EL BITAR

    Je me permets Mr Karyotis de reprendre un petit extrait de la conclusion de votre ouvrage " La France qui entreprend " :

    " L'impossible recule toujours quand on marche vers lui "  (Citation de Saint-Exupéry). 

    … En espérant que nos autorités actuelles et futures démultiplient les réformes sans oublier que pour la majorité de ces réformes (sollicitées par nos ETI et PME) sont déjà dans le passé et le présent de l'Allemagne !! 

    Bien à vous

    TEB

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