Depuis septembre 2008, le Dow Jones a gagné 20 % et le CAC 40…perdu 20 % ! Pourquoi ?

Il n’a échappé à personne que les indices boursiers connaissent des parcours difficiles depuis la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008.

A cette époque, le Dow Jones était à un niveau de 10 900 points et le CAC40 à 4 270 points. Fin février 2012, le Dow Jones a dépassé le seuil symbolique des 13 000 points et le CAC40 est à 3 450 points environ. En simplifiant, l’indice américain a gagné 20 % sur 3 ans et demi quand le CAC40 a perdu…parallèlement 20 % !

Pourquoi un tel écart et une telle défiance des marchés actions en France alors que la croissance économique a été de 1,7 % en 2011 dans les deux pays ?

 

Plusieurs éléments doivent être pris en considération pour essayer de comprendre cette différence d’appréciation des marchés :

  • les perspectives de l’économie américaine apparaissent meilleures aujourd’hui que celles de l’économie française. Ce qui démontre à nouveau que les Américains arrivent toujours à vendre excellemment leur futur quand les Français peinent à justifier leur présent….
  • Les résultats des entreprises américaines sont solides : en effet, les résultats 2011 des entreprises américaines sont robustes et surtout l’économie américaine peut s’appuyer sur deux socles : les entreprises high-tech avec des porte-drapeaux tels que Google, Microsoft, Amazon, Quallcomm (leader mondial des puces pour smartphones qui a franchi début février les 100 milliards de $ de capitalisation boursière) et … Apple devenu la première capitalisation boursière mondiale en 2011 mais aussi des entreprises traditionnelles avec des groupes tels que General Electric ou General Motors qui démontrent que les Etats-Unis se sont réindustrialisés à grands pas depuis 2008 !
  • Une capacité à mettre sur le marché de nouvelles entreprises qui tirent les indices boursiers : en 2012, Facebook fera son entrée sur le Nasdaq avec une valorisation estimée à …100 milliards de $ !

Le problème de la France n’est donc pas un lié aux fondamentaux de son économie (même croissance que les USA en 2011) ni même à la qualité des résultats de ses entreprises qui sont très bons dans l’ensemble.

Notre problème réside avant tout dans les contraintes que nous nous imposons ou notre perception négative des marchés financiers. J’identifie quatre obstacles :

  • D’une part notre incapacité à créer de nouvelles entreprises high-tech sur nos marchés,
  • Une fiscalité de plus en plus dissuasive pour les épargnants,
  • Une aversion croissante aux risques boursiers malgré un taux d’épargne des ménages élevé et des taux d’intérêt très bas,
  • et enfin un matraquage médiatico-politique permanent sur la bourse sur le thème de ceux « qui s’enrichissent en dormant »…en oubliant que le CAC40 a été divisé par deux depuis 2000… (on devrait plutôt évoquer « ceux qui s’appauvrissent en pensant »).

Lever ces freins permettrait de dynamiser l’innovation et favoriserait le développement de nouveaux champions qui font défaut à notre économie. Prenons en effet le temps de nous interroger et de comprendre les raisons pour lesquelles parmi les entreprises françaises créées depuis 1990, seul Free a réussi à dépasser le milliard d’euros de chiffre d’affaires !

Il n’est donc pas anormal que le CAC40 soit scotché à ces niveaux aussi faibles. Pourtant, la faiblesse des taux, la qualité des résultats des entreprises et parfois certains rendements élevés militent pour une remontée du CAC40. Et nous devrions retrouver progressivement notre niveau du 15 septembre 2008 : les fameux 4 270 points….

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