Élections présidentielles : un tsunami politique

Même si les élections législatives sont devant nous et que des surprises sont toujours possibles, nul doute que la date du 7 mai 2017 sera inscrite dans le marbre de l’histoire politique de notre pays.

 

Les Français l’espéraient avec force : les électeurs l’ont fait avec fracas. La France repliée sur elle- même depuis des décennies a donné un grand coup de balai sur une classe politique vieillissante, et de plus en plus décalée avec ce qu’était devenu notre pays : un pays accablé par le chômage, tétanisé par le terrorisme, submergé par une bureaucratie grandissante et dirigé par une élite dont l’auto-reproduction conduisait à un irréversible déclin.

 

Certains diront que cela est injuste et que certaines évictions sont imméritées. Cela est certainement vrai mais le risque était grand que l’inertie et l’immobilisme ne conduisent à des réactions fortes, parfois disproportionnées. J’avais écrit en 2013 que le France était « un pays de vieux dirigé par des vieux »  et cette configuration était prévisible. Comme l’était aussi le vote massif en faveur des partis extrémistes (50% des voix au premier tour !).

 

L’élection d’Emmanuel Macron donne provisoirement l’image d’un pays moderne, présidé par un jeune Président qui parle un anglais parfait avec Angela Merkel. Cette image est peut être caricaturale mais c’est celle que retienne nos partenaires européens ou américains. Le paradoxe est que notre nouveau Président de la République renvoie une image plus fidèle de ce qu’est la France aujourd’hui alors que lui-même est une pure reproduction de la technocratie française.

 

La tâche qui lui incombe est immense : celle de son gouvernement aussi bien sûr. Il n’y aura ni état de grâce ni euphorie et chacun attend avec impatience les premières décisions, les premiers choix. A force d’avoir retardé les réformes, chloroformé la vie politique, auto-reproduit les mêmes élites, notre pays est fragmenté, et au bord du burn-out social.

 

Les premières décisions d’Emmanuel Macron sont encourageantes car son premier gouvernement traduit une conscience de la situation présente. Un gouvernement équilibré avec quelques pointures de la Droite et du Centre et des personnalités de la société civile. Le patron de l’Essec (Jean-Michel Blanquer) pour l’Education nationale ou l’ancienne DRH de Danone (Muriel Penicaud) au ministère du Travail. Emmanuel Macron s’est peut être inspiré de Gerhard Shroder, le père des grandes réformes allemandes et avait recruté le DRH de Volkswagen (Peter Hartz) pour mener à bien la refonte du droit du travail allemand en 2002 !

 

Quel que soit le résultat des élections législatives de juin, nous assistons bien à un tsunami politique et le renouvellement de la classe politique sera spectaculaire.

 

Renouvellement, moralisation de la vie politique et exemplarité de ceux et celles qui l’incarnent ; voilà la feuille de route que les français ont tracé et on peut penser que le moindre dérapage sera interdit.

 

Aujourd’hui, c’est une espérance lucide et rationnelle qui accompagne le plus grand nombre d’entre nous. Chacun a la responsabilité d’être acteur des changements annoncés. Car la route sera semée d’embûches et des combats sont à prévoir : les résultats du premier tour ne doivent pas être oubliés.

 

Courage, audace, humilité, exemplarité ; un bon cocktail pour redonner à la France la place qu’elle mérite et redonner à notre jeunesse des perspectives positives et l’envie de rester et de s’épanouir dans notre pays.

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