Grandeur et décadence : la leçon de Montesquieu

En 1734, Montesquieu écrivit un livre sur la décadence de l’empire romain en analysant les raisons structurelles, sociologiques et politique d’un tel déclin.

Près de 300 années plus tard, cette psychanalyse sociétale n’est-elle pas applicable à notre pays tant les évènements politiques récents interpellent et angoissent même les plus apaisés.

Avec le retrait de François Hollande et l’éviction de Nicolas Sarkozy, nous pensions que les français voulaient tourner la page de 2012, conscients de la nécessité de changement et de réformes.

 

La victoire de François Fillion d’abord puis celle de Benoit Hamon ensuite furent plus difficiles à décrypter tant les victoires d’Alain Juppé et dans une moindre mesure celle d’Emmanuel Valls ou d’Arnaud Montebourg étaient anticipées. Et pourtant, ces surprises électorales auraient dû nous alerter sur le fait que les français avaient perdu leurs repères et que leur soif de changement n’avait pas été assouvie par l’élimination de notre duo politique de 2012.

 

Le « Pénélope gate » nous fait franchir un autre palier dans cette campagne électorale tant la violence et le déferlement des attaques sont uniques dans l’histoire électorale de notre pays.

 

La question n’est pas de savoir si nous sommes pour ou contre François Fillion qui devra bien sûr se retirer si des abus sont avérés. Il est plus intéressant de savoir pourquoi ce flux d’informations intervient seulement maintenant, après la primaire de droite, et à 11 semaines seulement du premier tour ! À qui profite ce lynchage ? Et quelle sera la prochaine quille de ce jeu de bowling dont on semble se délecter sans fin aujourd’hui ? Car il m’étonnerait fort que cela s’arrête brutalement et Emmanuel Macron pourrait être la prochaine cible idéale. On assiste à une espèce d’Hunger Games politique avec un risque fort de porter au pouvoir les partis extrémistes qu’ils soient de droite ou de gauche.

 

Oui, grandeur et décadence écrivait Montesquieu car la situation économique de la France ne va pas s’améliorer brutalement en niant les réformes qu’il faut mener et en brandissant avec force le retour au franc ! Et cessons de comparer la situation des États-Unis avec la nôtre. Certes l’élection de Donald Trump a été une énorme surprise mais aux US, le Président a peu de marge de manœuvre car les Chambres sont des contrepouvoirs puissants. Et les Etats-Unis ont une économie qui tourne à plein régime avec un taux de chômage historiquement faible contrairement à notre pays. 

Et souvenons de 2011, année où l’Italie avait été durement attaquée par les marchés en entraînant dans son sillage le Portugal, la Grèce, l’Espagne qui formèrent les PIGS avec l’Italie. Imaginons un instant la situation financière de notre pays si les taux devaient passer de 1% à 10% sur 10 ans. Nous avons 2000 milliards de dettes sur les marchés et la France emprunte tous les ans entre 150 et 200 Mds€ ; il est par conséquent facile de mesurer l’impact financier direct d’une remontée des taux. Ce n’est pas de la pure science fiction et tous les investisseurs guettent avec une certaine anxiété celui ou celle qui sortira vainqueur de l’élection présidentielle.

 

Par conséquent, 2017 est un tournant pour notre pays bien plus que 2012. Gageons que nous allons retrouver lucidité et sens des responsabilités. Qu’il faille instaurer une vraie rectitude dans les comportements de nos dirigeants est indispensable. Qu’il faille renouveler des élites qui ont échoué est une certitude car l’auto reproduction de celles-ci est un mal bien français. Que l’exemplarité devienne une règle immuable est le seul chemin qui permettra aux français de croire à nouveau alors qu’ils sont dans le doute et le rejet.

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1 Commentaire

  1. GUYONNET

    Bonjour,

    Une très belle biographie de Montesquieu a été réalisé par Alain JUPPE en 1999. Je l’ai lu, elle a été étoffé par de nombreuses recherches et anecdotes.

    Je partage votre analyse sur l’année 2017. C’est bien la majorité législative qui donnera l’impulsion ou non à notre pays.

    Bonne continuation et peut être nous croiserons nous un jour à BPCE ou sur votre territoire BPAURA.

    Plus que jamais, avec toute ma fraternité.
    :. TAF
    Frédéric GUYONNET
    Président National du SNB CFE CGC du Groupe Banque Populaire et filiales
    06.83.52.76.75

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