Le CESE identifie des pistes pour accroitre la compétitivité de la France

A la demande du Premier ministre, le Conseil économique, social et environnemental s’est penché sur la compétitivité de l’économie française. Le constat n’incite pas à l’optimisme. Si la France dispose encore de nombreux atouts, notre économie « montre une perte de compétitivité préoccupante » ces 10 dernières années, en particulier par rapport à l’Allemagne. Au sein de la zone Euro, la France a ainsi perdu « plus de 4 points de part de marché » quand l’Allemagne en gagnait 3.

Isabelle de KERVILER*, rapporteur du texte, estime que l’une des raisons tient notamment au nombre insuffisant d’ETI françaises. Ces « entreprises, qui innovent le plus et exportent le plus » sont deux fois plus nombreuses en Allemagne (près de 10 000). Plus généralement, la France compte trois fois moins d’entreprises exportatrices (92 000 contre 364 000).

D’autres raisons sont identifiées comme la part trop faible de l’industrie dans la valeur ajoutée ou l’effort insuffisant de R&D français (2,11 % du PIB contre 2,62 % en Allemagne). « Entre 2010 et 2011, les chercheurs allemands ont déposé trois fois plus de brevets que les chercheurs français ». A noter également que 2/3 de la recherche en Allemagne est privée, contre 50 % en France.

Je note également que, selon le rapport, le mode de fonctionnement du système bancaire français rendrait parfois compliqué l’accès au crédit de financement.

 

Le CESE identifie des axes prioritaires pour restaurer cette compétitivité :

  • « La réindustrialisation de notre pays – avec un saut qualitatif vers l’avenir » : c’est-à-dire une montée en gamme et des investissements précoces dans les secteurs d’avenir. Cela passe notamment par « la définition d’objectifs de longs termes par l’Etat stratège ». Il lui reviendrait d’identifier les secteurs stratégiques, à protéger et stimuler, en particulier à l’échelle européenne. Cela suppose également une meilleure coordination des acteurs et initiatives déjà existantes : FSI, Médiateur du Crédit…
  • « La dynamisation de l’appareil productif par le renforcement des ETI et de l’effort de R&D du secteur privé » : en particulier favoriser la co-traitance entre grands groupes et entreprises de plus petites tailles
  •  « L’amélioration de l’environnement – en particulier fiscal et social – des entreprises »
  • « La valorisation du potentiel humain par la formation à tout âge »

 

Le projet d’avis a été voté en séance plénière le 12 octobre 2011.

 

Lire la présentation et télécharger l’avis sur le site du CESE. Lire également l’article de la Tribune

 

* Expert-comptable et rapporteur de l’avis du CESE, Vice-présidente de la section activités économiques

 

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