Pourquoi le cimetière des anciens AAA s’agrandit chaque mois davantage

La fin du AAA

Comme je l’avais écrit en 2011, le fameux label AAA attribué aux Etats disparait progressivement et la récente dégradation des Pays Bas n’est qu’un épiphénomène comparé à ce que fut l’électrochoc de la dégradation des US en 2011.

Cinq ans après la crise des subprimes et deux ans après la crise des dettes souveraines, rien de fondamental n’a changé dans la zone euro qui reste désespérément engluée dans une perspective de croissance molle dans le meilleur des scénarii.

La hausse du chômage, celle du taux de défaillances des entreprises et la baisse parallèle des prix (qui fait ressurgir le risque de déflation) démontrent que l’équilibre économique des grandes puissances européennes est toujours aussi fragile.

Comment dans ce cas s’étonner que Standard and Poor’s ait dégradé les Pays Bas et ne pas être persuadé que ce mouvement va se poursuivre et qu’aucun pays européen même l’Allemagne (qui subira un effet domino des dégradations périphériques) ne pourra à terme le conserver.

AAA était naguère le symbole de la puissance des marchés et des Etats qui paraissaient invulnérables : AAA était aussi le signe puissant d’un monde sans risque. Nous pensions collectivement que toutes les crises pouvaient être surmontées tant le rempart de la puissance publique était censé nous protéger de tous les tsunamis financiers.

Il nous faut accepter cette idée simple, mais parfois angoissante, que même les grandes institutions sont potentiellement mortelles, que ce risque n’est plus limité qu’aux seules entreprises, et qu’il peut brutalement frapper un Etat, comme nous l’ont démontré les jurisprudences grecques et chypriotes.

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