Quand le CAC va- il battre son record de 7000 points établi en 2000 ?

A l’heure où les superlatifs manquent pour analyser et qualifier la performance des indices américains et notamment du Nasdaq, la comparaison avec le CAC 40 est délicate tant celui ci est encore très éloigné de ses records de l’an 2000.

 

Comment expliquer un tel décalage dans l’évolution des indices américains et français ? On peut émettre plusieurs idées pour essayer de comprendre cette situation.

 

En premier lieu, les marchés américains sont portés par l’extraordinaire performance des valeurs technologiques et notamment des GAFA qui démontrent à nouveau la transformation spectaculaire de l’économie américaine. Et attardons nous un instant sur quelques chiffres. La capitalisation boursière des GAFA est à peu près équivalente au PIB de la France ( autour de 2500 milliards d’euros…) : la capitalisation d’Apple est supérieure au PIB des Pays bas. L’exemple de Facebook est tout aussi impressionnant. Introduit en bourse en 2012, et en à peine 5 ans, la capitalisation de la firme de Mark Zuckerberg a été multipliée par 4 passant de 100 à 400 milliards de dollars soit un peu plus que le PIB de la Norvège aujourd’hui…Hallucinant !

 

Les marchés américains ont toujours été portés par des secteurs d’activités; les pétrolières beaucoup, un peu l’automobile et la grande distribution ou encore les financières . Aujourd’hui, la nouvelle économie a pris le pas sur tous les autres secteurs d’activité. En France, nous n’avons pas d’équivalent et en tête du CAC 40 on retrouve LVMH et Total….En dehors de Free, pas de nouveau poids lourd sur les marchés au cours des 20 dernières années.

 

La deuxième raison est la comparaison des taux de croissance des deux pays depuis 1980. En 37 années, la France n’a connu que trois années ( 1998,1999,2000) avec un taux de croissance supérieure à 3%. Aux Etats-Unis, sur la même période, la croissance a été 16 fois supérieure à 3% . Les marchés financiers reflétant la santé (bonne ou mauvaise…) d’une économie, là encore un très net avantage pour les Etats-Unis.

 

Par ailleurs, une autre explication est peut-être liée à la structure de l’épargne. En France, l’épargne règlementée (livret A, PEL…) et l’assurance-vie drainent une grande partie des placements des français et une rémunération supérieure à l’inflation peut accroître une aversion au « risque action » très culturelle en France. D’autre part, on peut penser qu’il existe une corrélation entre le niveau du taux d’épargne et une recherche accrue de sécurisation. Et la France a le taux d’épargne le plus élevé en Europe avec l Allemagne.

 

 

Enfin, il me semble que les privatisations ont certainement été plus un mal qu’un bien quand on voit l’évolution des cours d’EDF ou de France Telecom. Des petits épargnants avaient découvert la bourse à cette occasion et nul doute que l’effondrement des cours les a refroidi pour une très longue période….

 

 

Pas de grandes valeurs technologiques, recherche d’une épargne sécurisée, fiscalité changeante et dissuasive, faible culture financière et économique : c’est un cocktail insuffisamment porteur pour drainer une épargne sur les marchés financiers. Certains me diront, à raison, que les marchés actions sont tirés par les institutionnels et non par les épargnants et que cela n’est en fait pas bien important. Mais comme la France ne dispose pas en parallèle de fonds de pensions importants, quel canal d’investissement  peut venir demain booster nos marchés actions et faire décoller le CAC 40 ? Peut-être en partie l’assurance-vie et les unités de compte mais cela me semble in fine insuffisant pour que l’on dépasse à court terme le seuil psychologique des 7000 points touchés en cours de séance le 4 septembre 2000. Mais si l’effet Macron se prolonge sur les marchés, il n’est pas impossible d’espérer que le CAC 40 se rapproche des 6000 points cette année.

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1 Commentaire

  1. Norbet

    Je crains que le cac ne vaille pas mieux que 2500 points, il suffit d’une étincelle ou d’un cygne noir pour que la planète financière s’écroule. Il peut monter à 7000 sans problèmes mais il ira vers 2500 c’est une certitude au regard des risques d’endettement qui augmentent. Par exemple, la Chine a mis en un an sur la table 40% d’endettement privé relativement à son pib, sans compter l’inflation américaine qui arrive avec les grands travaux et la montée des taux par conséquent.

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